Seconde édition à St-Paul de Vence: Couleur Femme
« Couleur femme ». La 12e édition du Printemps des Poètes, qui propose lectures, rencontres, spectacles et conférences dans toute la France mais aussi à l’étranger du 8 au 21 mars, a choisi cette année pour thème «couleur femme». Le 8 mars correspond à la Journée de la Femme et le 21 mars à la Journée mondiale de la Poésie organisée par l’Unesco. Comme le souligne Jean-Pierre Siméon, le directeur artistique de la manifestation, « La question n’est pas de débattre s’il y a ou non une poésie féminine. La question est de mettre en lumière l’apport, à travers l’histoire, des femmes poètes et leur présence remarquable dans la création contemporaine ». Cette quinzaine consacrée à la femme poète «pourra être aussi l’occasion de considérer les représentations du féminin dans l’imaginaire poétique, au-delà des stéréotypes de la célébration amoureuse.»
Le 9 février, Frédéric Mitterrand a lancé la 12e édition du Printemps des Poètes, en présence de Jean-Pierre Siméon, directeur artistique de la manifestation ; de Dominique Blanc, marraine de la manifestation ; et de Matthieu Chedid, président du Jury du concours Andrée Chedid du poème chanté.Pour la deuxième année consécutive, le Printemps des poètes met en avant la poésie et ses écrivains. L’événement se déroulera du 8 au 21 mars à Saint- Paul-de-Vence. Au programme, des soirées pour découvrir des poèmes et rendre hommage à Andrée Chedid.
"Disons-le sereinement, en poésie comme dans les autres domaines artistiques, la femme a le plus souvent été cantonnée à un rôle subalterne : muse, confidente, consolatrice… La valeur péjorative de l’appellation « poétesse » en dit plus que de longs discours. La question n’est pas de débattre s’il y a ou non une poésie féminine. La question est de mettre en lumière l’apport, à travers l’histoire, des femmes poètes et leur présence remarquable dans la création contemporaine. Ce pourra être aussi l’occasion de considérer les représentations du féminin dans l’imaginaire poétique, au-delà des stéréotypes de la célébration amoureuse."
Jean-Pierre Siméon
Et pour cet évènement, F. Gollong a choisi:
Tu me disais Poème de déportation d'André Verdet (15 mai 1944 - Camp d'extermination de Büchenwald) Pour Chant et duo de Harpes
Tu me disais : Ma femme est belle comme l’aube
Qui monte sur la mer du côté de Capri
Tu me disais : Ma femme est douce comme l’eau
Qui poudre aux yeux mi-clos de la biche dormante
Tu me disais : Ma femme est fraîche comme l’herbe
Qu’on mâche sous l’étoile au premier rendez-vous
Tu me disais : Ma femme est simple comme celle
Qui perdant sa pantoufle y gagna son bonheur
Tu me disais : Ma femme est bonne comme l’aile
Que Musset glorifia dans sa nuit du printemps
Tu me disais aussi : Ma femme est plus étrange
Que la vierge qui fuit derrière sa blancheur
Et ne livre à l’époux qu’un fantôme adorable
Tu me disais encore : Je voudrais lui écrire
Qu’il n’est pas une aurore où je n’ai salué
Son image tremblant dans le creux de mes mains
Tu me disais encore : Je voudrais la chanter
Avec des mots volés dans le cœur des poètes
Qui sont morts en taisant la merveille entendue
Tu me disais enfin : Je voudrais revenir
Près d’elle à l’improviste une nuit où le songe
Peut-être insinuerait que je ne serais plus
Tu es mort camarade
Atrocement dans les supplices
Ta bouche souriant au fabuleux amour
Buchenwald, 15 mai 1944-17 mai 1945.
André Verdet in La Résistance et ses poètes, Editions Seghers, 1974



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